Balades à Bangalore : entre nature et temples

Alors oui, ça fait longtemps mais je vais me rattraper avec le récit de 3 visites faites cette année…

Nandi Hills

Alors, là,  je vais vous partager une petite randonnée que nous avons faite en …. février !

A 1h de route de la maison (surprenant!) il y a Nandi Hills.  Situées à environ 1 478 mètres d’altitude, ces collines abritent une ancienne forteresse qui fut la résidence d’été du souverain du royaume de Mysore, Tipu Sultan, au XVIIIe siècle.

Pour les amateurs de vélo/moto c’est un spot prisé pour ses 40 virages (coucou l’Alpe d’Huez).

Nous y sommes allés sans les enfants un matin en empruntant les escaliers qui mènent au sommet, ça nous a pris environ 1h (lol) de montée puis 1h de descente, les escaliers ça pique on avait les jambes qui tremblaient à la descente, pas besoin d’aller sur l’escalier infini du basic fit quand tu as ça à proximité!

Durant la montée la vue est assez cool je dois dire:

Une fois en haut, il y a donc la résidence d’été, le réservoir d’eau Amrita Sarovar et nos “amis” les singes. En vrai, ils n’étaient pas très amicaux car c’était en période de reproduction a priori. On nous dira plus tard qu’il n’est quand même pas rare qu’ils grimpent sur les sacs à dospour les ouvrir… je ne faisais pas ma fière et on ne s’est pas attardés!

Bull Temple (ou Dodda Basavana Gudi)

Nous voilà fin mars, avec l’association Bangalore Accueil nous avons participé à une visite guidée du coté du Bull Temple. Ce temple du XVIe siècle abrite l’une des plus grandes statues de Nandi au monde (le taureau sacré, monture du dieu Shiva). le jaune sur la statue est… du beurre! Selon le mythe local, la statue monolithique de Nandi taillée dans un seul bloc de granit aurait commencé à grandir de manière incontrolée après sa sculpture.
Pour arrêter sa croissance et stabiliser l’idole, les prêtres et les fidèles ont commencé à appliquer rituellement du beurre frais sur la surface de la statue.
Cette onction annuelle ou périodique (Benne Alankara) sert symboliquement à apaiser et contenir la divinité.

Collé au Bull Temple, on a continué notre marche vers le parc de Bugle Rock. On y trouve d’immenses roches, Gemini nous en dit plus : Les scientifiques estiment l’âge de ce rocher à environ 3 milliards d’années. C’est l’une des formations crustales les plus anciennes de notre planète, attirant des géologues du monde entier.

Il y a aussi une colonie de chauve-souris géantes, ainsi qu’une tour de garde datant du XVIe siècle. Elle marquait l’une des quatre limites extérieures de la ville de Bangalore à l’époque. 

On a poursuivi notre balade dans Gandhi Bazar une rue commerçante très animée, ou Anthony a été attiré par le maillot d’un passant…

On a terminé cette visite dans un Ashram ou nous avons pu nous asseoir en silence quelques instants après le chaos des rues de Bangalore..c’était très beau voyez:

Malleswaram

Plus récent encore, ce mois-ci en août, j’ai été visiter le quartier de Malleswaram, cette fois sans la famille mais toujours grâce/avec Bangalore Accueil.

Ce quartier, autrefois habité par les élites intellectuelles, les artistes et les scientifiques, offre un contraste avec la modernité des gratte-ciel. 

Des artistes ont voulu redonner vie aux petites rues transversales qui servaient autrefois aux basses castes pour travailler à l’abri des regards des rues principales. Il y a donc tout un parcours artistique à suivre. 

La grande particularité de ce parcours d’art urbain est qu’il s’articule au cœur des conservancy lanes. 
L’histoire : Ces ruelles étroites (d’environ 3 mètres de large), construites perpendiculairement aux axes principaux à la fin du XIXe siècle, servaient à l’origine aux travailleurs sanitaires pour vider les latrines par l’arrière des maisons, maintenant une ségrégation stricte basée sur les castes.
La métamorphose : Avec l’arrivée du tout-à-l’égout, ces ruelles sont devenues des dépotoirs négligés et sombres. L’installation des fresques a servi de déclencheur civique : les ruelles ont été nettoyées, pavées, et dotées d’un éclairage public. L’art a ainsi transformé des espaces autrefois marginalisés en passages piétons sûrs et accueillants, notamment pour les femmes. 

Artiste : Parameshwar Waran (Param) Explication : Un portrait monumental et hyperréaliste de Narayanamma, une travailleuse locale chargée du nettoyage des rues et de la gestion des déchets. Cette fresque puissante vise à rendre hommage et à donner de la visibilité aux Pourakarmikas, des maillons essentiels mais trop souvent ignorés de la société indienne. Les pourakarmikas sont des agents sanitaires municipaux, travailleurs matinaux, garants, en silence, de la propreté du quartier. 

On a enchainé sur un petit marché aux fleurs, je ne m’en lasse pas:

Puis nous sommes allés au temple de Kadu Malleshwara, un sanctuaire hindou du XVIIe siècle dédié au dieu Shiva et célèbre pour avoir donné son nom au quartier de Malleshwaram.  

Nous sommes aussi allés dans un plus petit temple situé juste en face de celui-ci, l’histoire est incroyable : pendant des décennies, ce temple est resté totalement enterré et oublié sous un terrain vague. C’est en 1997 que des ouvriers l’ont accidentellement mis au jour lors de fouilles pour un projet de construction commerciale. L’Institut archéologique de l’Inde (ASI) a ensuite excavé l’intégralité de la structure en pierre dont les analyses estiment son âge à environ 400 ans.  

Le temple présente une particularité : l’Abhishekam continu. Un flux d’eau naturelle et ininterrompu jaillit continuellement de la bouche de la statue de Nandi, baignant le Shivalinga situé en contrebas avant de s’écouler dans un bassin central (Kalyani).
Le Mystère de l’Eau : La source exacte de cette eau reste un mystère géologique. L’eau coule sans aucune pompe artificielle ni mécanisme moderne. Certaines théories historiques suggèrent une canalisation souterraine créée au XIXe siècle par un notable local depuis le réservoir voisin de Sankey Tank, tandis que d’autres évoquent une source d’eau douce naturelle.  Aujourd’hui, le bassin central abrite une population de tortues et de poissons, ce qui ajoute au charme serein et souterrain de ce lieu hautement spirituel. 

On est ensuite allés au Dhobi Ghat, une laverie à ciel ouvert. C’est le plus grand et le premier espace de blanchisserie modernisé de Bangalore. Géré par la communauté traditionnelle des Madiwalas (blanchisseurs), ce site historique fait vivre près de 200 à 400 familles qui lavent, sèchent et repassent chaque jour des milliers de vêtements pour les hôtels, hôpitaux et particuliers de la ville. 

Et pour finir, une bonne Dosa avant de rentrer !

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